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Yaoundé sans eau, les affaires se fructifient ! PDF Imprimer Email
Actualites - Societe
Lundi, 31 Mai 2010

Plus d’une semaine aujourd’hui que certains citoyens de la capitale politique du Cameroun sont sevrés d’eau potable venue de la Camerounaise des eaux.

Pour en récolter quelques goutes, nombreux d’entre eux n’hésitent pas à braver les obstacles les plus incalculables aux heures les plus insoupçonnées. C’est le cas des populations de Nsam, dans le Sud de la ville qui se partagent un puits privé payant situé à des kilomètres de leurs lieux de résidence.

C’est une file de bidons, bassins et autres récipient de tout ordre qui vous accueille à l’entrée de ce domicile privé situé au lieu dit «Nsam Après escale ». Depuis quatre heures du matin, ces ustensiles attendent patiemment d’être ravitaillés en eau dont la qualité de la potabilisation laisse encore des soupçons.

 

Mais pour ces utilisateurs, c’est une manne qui provient du sol. « Nous avons cherché l’eau dans tout le quartier mais on n’a pas trouvé. Celle-ci nous permet de faire la vaisselle et la lessive, même comme certaines personnes la boivent » explique un riverain du quartier.

 

Ici, il faut se lever tôt pour avoir la bonne eau, car les rangs se forment en fonction des arrivées. Peu importe cependant l’heure de dépôt des récipients puisque tout le monde doit attendre que les propriétaires donnent le coup d’envoie pour pouvoir tirer l’eau. Un coup d’envoie qui est généralement donné aux environs de 8 heures.

 

Les premiers clients peuvent ainsi profiter de l’eau propre. Et plus le temps passe, plus cette eau se trouble et devient sale à vue d’œil. Mais cela ne décourage en aucun cas les dizaines de populations qui attendent patiemment leur tour. Le prix du précieux liquide dépend de la capacité de son contenant, nous dit un client « mais les prix n’ont rien à voir avec ceux que l’on pratique à la pompe. Un seau d’eau de 10 litres coute trente francs Cfa », poursuit il.

 

Face à ce surenchérissement, les populations rencontrées disent ne pas avoir le choix. « Mieux vaut ça que rien. On est conscient que c’est chers mais c’est son puits, il fait de ça ce qu’il veut surtout en temps de crise comme ceux-ci. ».

 

Parlant de crise, voilà plus d’une semaine qu’elle dure. Aucune goutte d’eau dans les robinets. Plus de la moitié des quartiers de la ville est paralysée. Les populations sont aux abois et les pouvoirs publics demeurent muets.

 

La Camerounaise des eaux, société chargée de gérer la planification et la distribution de l’eau potable dans le pays dit avoir des problèmes au niveau du centre de distribution d’Akomnyada. Des difficultés qui empêcheraient, selon ses responsables, de conduire le précieux liquide à tous les quartiers au même moment. Jusqu’à quand devra durer la pénurie ? Aucune indication précise n’est donnée par ces derniers.

 

Toujours est-il que les citoyens, eux, crient au scandale surtout à cause de la récurrence des coupures d’eau et revendiquent néanmoins le retour des citernes, qui il y a quelques semaines encore constituaient le principal réseau de distribution de l’eau à Yaoundé.

 

Alain Aloys Balla Balla

 

Commentaires 

 
+1 #1 POUR VOUS DIREGAMBO 31-05-2010 15:36
Imaginer un seul instantant: Paris, londre, berlin, new york ect... sans eau pour leur population et les responsables quasi indifférents à la situation ....
Peuple qui pleure Peuple qui souffre peuple digne...
Que DIEU te soutienne et regarde ta misère et ta souffrance.
Amen
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